lundi 27 novembre 2006

Brixton, l'enfer continue...

Après vous avoir exposé en gros ce qui ressort de Brixton au travers de nos expériences, voilà d'autres anecdotes liées à ma "super" aventure à Londres.

La visite des beaux-parents

On reçoit quasiment tous, lorsque l'on vit loin et en couple, nos parents et nos beaux parents. Pour certains cela demande une organisation monstre, du stress, beaucoup de cuisine, de rangement pour les bordéliques, l'organisation de sorties intéressantes et pour d'autres un resto booké 1 semaine à l'avance et de l'impro total en fonction de l'humeur du jour! Nous faisons plutôt parti des gens pour qui les visites demandent de l'organisation.

J'étais malheuresement à l'époque, en plein milieu de mes révisions d'examens au moment de la visite de mes beaux parents et de ma belle-soeur. Cela explique la raison pour laquelle ils n'ont pas dormi chez nous mais à l'hôtel. En revanche, je me voyais quand même mal ne pas les recevoir à dîner à la maison au moins une fois dans le week-end. Très organisée, je pense 2 semaines à l'avance au menu du dîner, au pique-nique pour le dimanche midi, m'empresse d'aller acheter des plats en aluminium parce que les miens sont trop petits pour y mettre de la viande pour plus de 4 personnes, vais acheter de la viande casher à une heure de la maison le week-end qui précède leur venue, commence à cuisiner les entrées 3 jours avant leur arrivée, range et nettoie la maison de fond en comble pendant mes break de révisions en laissant le moins de bouquins et de cours traîner. Bref, le stress total !


Deux heures avant qu'ils n' arrivent, je dresse la table, mets mes deux poulets au four dans ce plat en alu géant et normalement tout devrait être prêt à temps. Ils arrivent, bisous- bisous, on papote un peu devant un apéritif quand vient le temps de passer à table. Et là je me rends compte que mes poulets qui sont depuis 2H00 à 250°C au four ne sont pas du tout cuits, que mes pommes de terre sont quasiment crues et la panique m'envahis! Je dois quand même signaler que je cuisine beaucoup, plutôt bien et que je n'ai jamais eu de mauvaises expériences avec le poulet. Je signale à tout le monde que le poulet n'est pas cuit, qu'il faut attendre encore un peu. Ma belle-mère jette un coup d’œil sans comprendre pourquoi ça ne cuit pas et on augmente la température de cuisson. Une demie-heure après, les poulets ne sont pas plus cuits, tout le monde s'est gavé de biscuits apéritifs je décide de passer à table en espérant que le temps des entrées sera suffisant au reste de la cuisson des poulets. Entre temps, ma belle-mère a quand même découpé les poulets dans le four en espérant les faire cuire plus vite. Cela fait maintenant plus de 3H00 que les poulets sont dans le four, les entrées sont terminées, on jette un coup d’œil à ce qui se passe dans le four et là miracle une partie des poulets et des patates sont enfin cuites ! Il aura donc fallu plus de 3H00 à deux poulets pour cuire dans ce plat en alu pourri, pleins de stress et l'intervention de ma belle-mère pour pouvoir dîner!


Un autre week-end de visites, nous décidons d'aller nous balader un peu. On descend les marches, on tourne le petit bouton de la poignée pour ouvrir la porte et là quelque chose d'étrange se produit: la porte ne s'ouvre pas! On s'aperçoit aussitôt que la porte a été enfoncée de l'extérieur, sûrement par un taré du quartier et par conséquent on ne peut plus sortir. Là encore nous allons faire appelle à notre super voisin qui fait de la musculation et qui en 10 minutes arrive à nous ouvrir la porte qui restera longtemps cassée!



La cité devant la maison


Je pense avoir oublié de mentionner que notre appartement à Brixton était situé en face d'une cité HLM rouge. En effet, les anglais pratiquent le mélange des niveaux sociaux en matière d'urbanisation. On trouvera donc au milieu du quartier le plus chic de Londres des HLM. Plus on marchait de notre appartement vers la droite, vers Clapham, plus la rue était chic. En revanche à partir de chez nous sur la gauche, passant le pont de Brixton, le quartier devenait de plus en plus mal famé.


Aux alentours du mois d'avril, j'ai commencé à constater des bruits bizarres provenant des poubelles de la cité face à notre immeuble. Des bruits semblables à des codes (comme dans les films), très tard la nuit. Mon chéri m'a alors trouvé complètement parano jusqu'au jour où, une semaine après ces suspicions, je vais jeter les poubelles en face de la maison. Et là que se passe-t-il ? Je me trouve face à face avec 2 personnes en train de se piquer devant moi, je suis pétrifiée de peur et ne sais plus quoi faire... je fais demi-tour, comme si je ne les avais pas vus, je rentre dans l'immeuble, gravis les marches en courant, ferme les volets en arrivant à la maison et appelle mon petit ami. Nous décidons de ne pas prévenir les flics par peur que ces drogués aient des copains dans le quartier qui me tombent dessus.


Les choses se sont faites d'elles-mêmes: dans la même semaine les flics ont patrouillé en hélicoptère plusieurs nuits au-dessus de chez nous. Et un jour, il y eut une énorme arrestation, juste en face de chez nous. Une partie des trafiquants ou des drogués avait été arrêtée Je dis une partie parce que les rondes ont continué pendant 4 mois. Ces rondes incessantes d'hélico et de voitures à sirènes stridentes qui m'ont empêchées de dormir la nuit.


Après ce que j'avais vu, je limitais mes sorties à l'essentiel tellement j'avais peur. A partir de Juin, j'étais à nouveau en période d'examens et ne sortais quasiment plus du tout de la maison. Comme c'était l'été, les jeunes de la cité d'en face sortaient la nuit, faire des courses de mini motos qui font un potin d'enfer, juste en bas de chez nous, parfois jusqu'à 2H00 du matin . Nous avons passer plusieurs soirées à appeler les flics afin d'être en mesure de dormir.


Les travaux

Pour mettre une couche de plus à toute l'horreur que Brixton apportait à ma vie en cette période de révisions s'est ajoutée une longue période de travaux juste en bas de la maison. Les bruits de perceuses et de tronçonneuses qui mitraillaient ma tête jour et nuit étaient totalement insupportables! De plus, comme c'était l'été, qu'il faisait très chaud et que je ne pouvais pas ouvrir les fenêtres à cause du bruit des travaux. Je suppose que vous comprendrez assez facilement l'atrocité de cette situation.

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